Les 10 phrases à ne pas prononcer

lifesabitchfem

Carlo ayant été localisé, cerné et identifié je ne vais pas tarder à passer sur le billard et avant je tenais à faire une mise au point.

Depuis plus d’un mois et le début du diagnostic  j’ai entendu et lu  le répertoire quasi complet des conneries , maladresses et phrases toutes faites qui indisposent tout patient atteint d’un cancer, celles adressées aux pâtientes atteintes d’un cancer des seins aussi. Je les partage par pure bonté d’âme, et comme dirait Will Mc Avoy pour vous éduquer.

Je n’ai pas inclus le « comment ça va » auquel je réponds par : Comme avec un cancer, what did you expect ? Thank you Uma 

Cette liste sera bientôt suivie de celle que vous feriez mieux d’éviter de prononcer en ma présence APRES la chirurgie et/ou pendant la chimio si la RCP décide de m’en prescrire, parce que  la chimio n’est pas automatique mais que le programme des réjouissances n’est pas forcement plus sympathique.

  1. Je sais ce que tu ressens  –si tu n’as pas de cancer ou si tu as eu un cancer et que tu ne lis pas dans mes pensées TU NE SAIS PAS CE QUE JE RESSENS, rentre-toi ça dans le crâne, déjà que j’ai du mal à le savoir moi même
  2. Reste positive, tu peux battre ça – c’est connu le cancer se soigne par la pensée positive, je me demande à quoi bon passer par les étapes, chirurgie, chimio, radiation et hormonothérapie. MAYRDE j’avais oublié la pensée positive , vite un article dans le Lancet et fermons les centres de recherche et de soins. 
  3. Tout va bien se passer, je le sais! Ah le retour de Madame Irma et de sa boule de cristal.
  4. Un jour, vous mettrez tout cela derrière vous, suivi de Ne vous inquiétez pas, les choses iront mieux, ça tu évites de le dire à un patient en stade IV – si tu ne sais pas ce qu’est le stade IV, va mourir à sa place.( je n’en suis pas au stade IV)
  5. Mais vous n’avez pas l’air malade. Ben non je fais juste semblant, tu veux essayer?
  6. Mais je croyais que vous aviez de la chimiothérapie et de la chirurgie. Comment se fait-il que ayez une récidive? A ce niveau de connerie je ne commente plus, même si pour moi ça n’est pas une récidive mais une édition originale.
  7. C’est pourquoi les gens ne devraient pas faire de chimio  avec la variante  pensez-vous que c’était un gaspillage de faire de la chimio la dernière fois? Voir ci-dessus
  8. Vivez dans l’instant. C’est sûr parce que les plans quinquennaux et la garantie décennale ne sont pas compris dans le contrat
  9. Soyez forte. Dur combat. L’attitude c’est tout. Comment te le dire poliment?
  10. Quel est le pronostic ? Vite appelez Madame Irma ou relire la liste depuis le N° 3

 

Je pourrais continuer mais vous avez saisi l’esprit ? J’ai eu droit aussi aux mails/SMS de proches/membres de la famille  «  Pensons à toi, et t’appellerons à notre retour de vacances » qui arrivent à égalité avec  » j’ai trop de boulot je ne peux pas t’appeler »

AUCUN de mes pseudos amis/cousins ou proche n’a eu l’idée d’appeler mon conjoint, mes enfants pour prendre de leurs nouvelles ni de s’enquérir de l’effet de Carlo sur leurs vies. ça réchauffe le coeur d’être si bien entourée.

J’ai la chance de ne pas avoir un mari qui se barre à l’annonce de la maladie, ça existe, il ne saute pas de joie mais il est là. Mes enfants aussi et je sais que je peux compter sur eux et sur leurs épouses.

Et puis j’ai reçu les messages formidables des autres, les visites impromptues et amusantes dépourvues de têtes d’enterrement, les fleurs et petits cadeaux surprises. IRL ou sur les réseaux certains se révèlent je les embrasse avec une baiser qui claque.

Les Yente qui m’ont inclus dans leur sujets de conversations semblent  bien se porter si j’en crois les échos qui me parviennent. On devrait les classer ER+ ( humour de cancéreux)

et la Palme d’or Eh bien, vous avez besoin de vacances depuis un certain temps et maintenant vous allez pouvoir rester couchée et lire des livres toute la journée. Quoi de mieux-

Après les gens me disent je ne comprends pas que tu sois en colère et que tu envoies les gens se faire voir ailleurs . SERIOUSLY?

joker

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  31 comments for “Les 10 phrases à ne pas prononcer

  1. 8 août 2013 at 10 h 57 min

    Un généraliste de ma ville a pour spécialité de dire à ses patientes qui ont un cancer du sein « bon ça fait 9 mois que vous vous reposez, va falloir penser à retourner au travail hein! ». (Du coup on les récupère pas du tout stressées et en pleurs à l’hôpital, persuadées qu’on va les obliger à retourner bosser direct à la fin des rayons)
    La dernière fois qu’on me l’a rapporté j’ai sérieusement envisagé de mettre un contrat sur sa tête mais on me l’a interdit (comme on m’a interdit d’aller lui casser la figure).
    Bref vous n’avez pas fini d’être en colère et d’envoyer chier les gens selon toute probabilité.

  2. 10 août 2013 at 8 h 20 min

    Pas facile de savoir quoi dire
    Je crois que le mieux,c est de ne pas trop parler et effectivement prendre des nouvelles de l entourage qu’on oublie bien souvent

  3. GILLET Isabelle
    12 août 2013 at 22 h 08 min

    Ne lâche rien! J’ai moi aussi la chance d’avoir des enfants merveilleux et un entourage formidable. Mon ex avait peut-être un don d’ubiquité parce qu’il s’était barré avant que ça me tombe dessus hahaha! J »arrive au terme de ma protonthérapie à Orsay (41 séance, une médaille s’il vousplait). Plein de pensées pour toi Teès amicalement
    Une brillante rayonnante :)

  4. 26 août 2013 at 8 h 22 min

    {{{Manuela}}}

  5. Laurence P
    1 septembre 2013 at 11 h 13 min

    J’ai besoin de dossier en 829 W :)

    • Kitchenbazar
      1 septembre 2013 at 11 h 22 min

      Laurence, il n’y a que toi qui y ait droit si ça peut te rassurer

  6. Dom
    10 septembre 2013 at 10 h 24 min

    Et les 10 phrases qui pourraient faire du bien sont ? pourraient être ? Seul le silence s’impose ?

    • Kitchenbazar
      10 septembre 2013 at 13 h 41 min

      ok Dom on joue je propose des actions plutôt que du vent

      1. Quand veux-tu que je passe, te laver le dos, les cheveux, le linge bref ce que tu ne peux faire seule ou que tu hésites à demander à ton conjoint parce que le/la pauvre il en fait déjà tellement (rayer les mentions inutiles)
      2. Tu ne dis rien, je vais appeler tes enfants, conjoint, parents ( rayer les mentions inutiles)
      3. Je vais faire des courses tu veux que je te rapporte, du pain, du pq, à manger, passe à la pharmacie (rayer les mentions inutiles)
      4. Pour le J+3 ( ou J+2) après la chimio t’inquiètes je serais là, pour t’accompagner aux toilettes, (oui certains protocoles filent aussi la diarrhée)
      5. Pour la chimio tu veux que vienne ?
      6. Pour les rayons je viendrais t’aider à mettre de la pommade cicatrisante, te masser, te faire à manger (rayer les mentions inutiles)
      7. T’es à l’hôpital, tiens je vais inviter ton mari, ta femme, tes enfants (rayer les mentions inutiles) pour qu’ils ne soient pas seuls ( ça marche pour toute autre maladie)
      8. Tu veux un coup de main pour ta paperasse (voir la lettre à la CPAM)

      Je ne continue pas chère Dom, c’est un jour où je suis à plat (pas encore en aplasie hein) mais tu as l’idée générale
      Je t’embrasse

  7. edo
    10 septembre 2013 at 10 h 55 min

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec la 2°).
    La positive attitude ne va pas tout arranger, c’est sur, mais elle entraîne une sensible amélioration dans les résultats, c’est la même raison pour laquelle on dit à une personne atteinte d’un cancer de se battre et de ne pas lâcher.

    • Kitchenbazar
      10 septembre 2013 at 13 h 46 min

      Jusqu’au jour où cela ne sert plus à rien et qu’il faut lui dire de lâcher prise ?
      Plus sérieusement, vous ne trouvez pas que je suis positive? Mais plein de malades sont tétanisés, déprimés ; vous comptez leur dédier un animateur de fête et barmitsva pour les rendre positifs? La CPAM va adorer la proposition de financement d’un clown par malade, déjà qu’ils ne remboursent pas tous les soins de support
      Ah j’oubliais pour que le malade ait la  » positive attitude » chère à M. Raffarin il faudrait déjà qu’on lui parle de sa maladie et de la réalité de ses traitements, qu’il y ait assez de psy et d’assistantes sociales, que les aides à domiciles soient facilitées etc..

  8. Vincent
    10 septembre 2013 at 13 h 54 min

    Bonjour,

    On a découvert un cancer sur mon père il y a presque un an, la tumeur s’est propagée et les médecins ne parlent plus de guérison possible.
    Je passe voir mon père tous les jours ou presque et je cite souvent les phrases :
    – Comment tu te sens ?
    – Comment s’est passé ta matinée ?
    – As tu bien dormi ?
    – Aller courage !
    Beaucoup de personnes me contactent et me demandent « Comment va t il ? » et tout le monde ne passent pas le voir.

    Je n’ai à priori pas de cancer et donc je ne peux pas ressentir ce que vous ressentez. Ce que je sais c’est que même si toutes ces phrases paraissent débiles, dites vous que c’est tout ce que nous sommes prêt à dire. Personne ne nous apprend les phrases à dire.

    Je suis incapable de demander directement à mon père « Que t’as dit le médecin ? » « Combien de temps te donne t il ? » …
    Alors plutôt que de longs silences pesant et insoutenable (toujours après un an …) nous discutons de son combat et nous cherchons à le motiver. Savoir qu’il a pu se lever et faire 10 mètres en 30 minutes, pour nous cela ne veut pas dire que sa fin est proche, cela veut dire que sa fin est plus loin que s’il ne se levait pas.

    Vous pouvez critiquer les tentatives de ‘positive attitude’, mais croyez moi pour certains il ne reste plus que ça.
    Maintenant si vraiment vous n’avez pas envie qu’on vous dise toutes ces phrases, mettez un panneau à l’entrée de votre chambre. Mais croyez moi, au final ce qui importe ce n’est pas ce qu’on se dit, c’est d’être entouré, d’avoir des visites, même si elles ne durent que 5 minutes.

    Je vous souhaite bon courage pour la suite.

    • Kitchenbazar
      10 septembre 2013 at 14 h 19 min

      Bonjour Vincent merci pour votre message
      eh oui avoir un parent cancéreux n’est pas simple, avoir le courage de parler au médecin non plus .Affronter la maladie et la perspective de la mort n’est pas à la portée de tout le monde
      Je ne suis pas là pour démêler les fils de votre relation avec votre père, mais ne peut que vous encourager à parler de vraies choses plutôt que de rester en surface. Quand il sera mort il sera trop tard pour lui parler.
      Je ne joue pas à la psy de comptoirs juste je parle par expérience , j’ai soigné et perdu des êtres chers à un âge où d’autres sont dans les problématiques de couches culottes ou de sortie de maternelle.
      Voilà quand au panneau je n’ai pas à le mettre à l’entrée de ma maison (je ne suis pas en permanence à l’hôpital) j’ai la chance d’avoir une famille bien présente et qui communique bien, des amis qui m’entourent de près ou de loin; je n’ai pas à passer par le blog pour leur parler de ce qui m’arrive de mes doutes et de mon obstination à combattre mon cancer qui est devenu un peu le leur.
      Bon courage à vous, ne vous inquiétez pas pour moi, merci pour vos voeux.

  9. SpiderJéjé
    10 septembre 2013 at 17 h 00 min

    On ne dira pas :
    – Tu veux que je t’accompagne à la chimio ?
    mais plutôt
    – Viens, on achète l’appli Scrabble .

    On ne dira pas :
    – Ca te va bien le foulard sur la tête…
    Mais plutôt…
    – Dommage que tu sois nul en chimie, t’aurais été parfaite pour un remake à la française de Breaking Bad..

    On ne dira pas :
    – Ca va les nausées ?
    mais plutôt…
    – Tu veux un joint ?

    On ne dira pas :
    – Ca va bien se passer…
    mais plutôt…
    – ON LACHE RIEN !

  10. nel
    11 septembre 2013 at 14 h 14 min

    Je viens de lire votre papier et je me sens mal. Mal de ne pas savoir quel est le mot exact à employer, la phrase qui fait du bien. Mal qu’on pense que les gens qui veulent simplement dire / rassurer / s’enquérir passent pour de gros bœufs incapables d’empathie. Je comprends que certains soient cons et ne prennent pas garde des effets de ce type de phrases. Mais pour tous les autres, veuillez leur pardonner de ne pas être à la hauteur (attention, ceux qui n’appellent pas ou plus, qui ne prennent plus de nouvelles sont impardonnables). Ce n’est pas facile non plus pour eux. Mais genre, vraiment pas du tout. Alors, ils tentent. Alors ils se plantent. Mais ils tentent. Non ?

  11. Cecile
    11 septembre 2013 at 14 h 36 min

    Bonjour,
    Je suis désolée, je ne vais pas forcément aller dans le sens du vent.
    J’ai suivi avec émotion vos « pérégrinations » ces derniers temps. Avec d’autant plus d’émotion que mes parents ont chacun à se battre contre un cancer quand j’étais adolescente, que ma mère a été opérée de son 2ème cancer (autre organe) il y a quelques mois et que je me bats moi-même par intermittence (déclarée en rémission puis en guérison, rechute à l’automne dernier, à peu près géré à date).
    Bref, tout cela pour dire que je trouve votre discours agressif, presque haineux. Ce n’est pas de la faute des autres si vous êtes malade. Ils font comme ils peuvent, à hauteur de leurs moyens, avec beaucoup de maladresse certes, mais comme vous le soulignez, ils ne savent pas par quoi vous passez.
    Ok être malade est difficile, on en bave, angoisse, interrogations, boule au ventre en continu etc. etc. mais ce n’est pas en envoyant chier les gens que vous guérirez plus vite. Au contraire, j’ai le sentiment que ces épreuves me rendent plus tolérante.

    • Kitchenbazar
      11 septembre 2013 at 17 h 11 min

      Bonjour Cécile
      le vent change pour tous et si vous lisez autre chose que ce post sur mon blog vous verrez qu’il est humoristique, que les gens l’apprécient ou non que vous avez le droit de ne pas aimer mon ton, mais que franchement je m’en cogne comme de mon premier point de suture.
      Ce que vous prenez pour de la haine est votre libre projection de vos émotions.
      Je n’ai aucun plaisir à envoyer promener les gens; mais je ne m’embarrasse pas de ceux qui demandent à être rassurés si ils ne font pas partie de mon cercle d’amis, famille et proches que j’aime. L’essentiel, se débarrasser du superflu.
      Je vous ai répondu par politesse. Restons en là , j’ai autre chose à faire que de débattre. Là par exemple une tarte aux pommes.

  12. alex des tissus
    11 septembre 2013 at 17 h 17 min

    Hello, je découvre ton blog par hasard.
    je comprends pour avoir traversé cette épreuve à 2 reprises . Je te sens en colère et c est bien normal cependant le monde entier n’est pas responsable . Seule ta vie est bouleversée (atomisée pour quelques mois même!! ), c’est la normalité des autres qui te fera du bien par la suite enfin ce n’est que mon avis
    je vais maintenant prendre le temps de découvrir ce blog qui me semble prometteur en sensation forte
    Petite banalité: courage et on s en sort….

    Biz d’une cancer’s twice survivor;)

  13. Passant
    11 septembre 2013 at 19 h 15 min

    Les gens disent des platitudes parce qu’ils ne savent pas quoi dire, ils aimeraient être utiles mais ils ignorent comment. De votre côté, vous avez légitimement peur et vous cherchez l’occasion de vous énerver. C’est normal, et sans gravité, nous sommes tous angoissés face à la maladie, la nôtre ou celle de l’autre, on se défoule ou on réagit comme on peut, parfois maladroitement, mais c’est plus sain que de ne rien faire.

  14. Murielle
    12 septembre 2013 at 14 h 15 min

    Bonjour Kitchenbazar,
    Je découvre ton blog, par l’intermédiaire de cet article qui me touche beaucoup. J’ai la chance d’être arrivée à l’âge que j’ai (40 ans, déjà !) sans avoir eu à me soucier de soutenir un proche atteint d’une maladie grave. Tu me donnes sujet à réfléchir. Evidemment, il est difficile de savoir quoi dire à un parent / ami atteint d’un cancer. Mais il est encore plus difficile d’être atteint d’un cancer. Alors il faudrait pouvoir relativiser, ne pas oublier que le soutien aux personnes gravement atteintes se fait concentriquement, et se donner à fond, en toute authenticité. Je vais tâcher d’intérioriser tout cela, au cas où.
    J’espère que la tarte aux pommes était bonne. :-)

    • Kitchenbazar
      12 septembre 2013 at 18 h 26 min

      Visiblement la tarte a convenu, il n’en reste plus une miette, n’oublions pas que ceci est blog de cuisine juive à la base 😉

  15. 12 septembre 2013 at 15 h 57 min

    Le « Bonjour, ça va ? » je l’ai dit au cousin de mon père en pleine chimio pour un cancer du foie dont il est mort. Et j’ai honte de ce moment d’inattention.
    Mais comme la vie est bien faite, quand j’étais en chimio, j’en reçu aussi : « Tu crois que tu vas mourir ? ». De ma mère.

    • yanne69
      30 octobre 2014 at 21 h 34 min

      Tita,
      Je suis sidérée, sans voix et stupéfaite que votre mère vous ait dit çà!
      J’espère quand même qu’elle se sera rattrapée après mais ce qui est dit est dit… on n’oublie jamais…
      c’était peut être sa façon de dire qu’elle avait peur pour vous et trouvait inacceptable de vous voir attente de ce crabe !
      Ou de vous voir « partir » avant elle ce qui est insupportable pour des parents. Heureusement on peut aussi guérir !
      Bon courage je vous souhaite d’etre bien entourée

  16. 12 septembre 2013 at 16 h 10 min

    Chère Mxxxx

    Merci pour ton post et ce blog , qui nous permettent a nous, pauvres gens sains du suivre au quotidien TA maladie, TES humeurs et TA vie.

    Ce qui me frappe dans tes propos n est pas ta souffrance , que je minimise pas, mais le tropisme dans lequel t enferme ton égocentrisme .

    Comme le disaient a juste titre nombre de « tes lecteurs » , il est quand même affligeant de voir que tu ne perçoivent pas, avec leurs faiblesses et leurs maladresses , la volonté de ces gens de t apporter leur soutien.

    Puisque visiblement ton propos se place sous le signe de l ironie, je pe permets de te demander si a la place de ces phrases pleines de compassion, tu préfèrerais un cynique vérité :

    1-  » je sais ce que tu ressens  » . Non, c est vrai je ne le sais pas , excuse moi de ne pas avoir de cancer. Je ne sais pas non plus ce que c est de perdre un enfant ou de me casser la jambe. Alors que fait on ? Cela m interdit t il de faire preuve d empathie ? Doit on s interdire de réconforter des amis sous prétexte que l on a pas vécu la même chose ? Si tu as cette vision de l amitié je ne puis que te conseiller de rejoindre ce soir le club des tartes aux pommes pour parler ac des gens qui te comprennent vraiment ce que c est de rater une tarte …

    2 – « reste positive » . Non t as raison  » perds le morale la chérie, broie du noir, ça changera rien a part te voir faire la gueule  » . Par ailleurs toi la pro , OUI on sait que t as fait une chimio et que ce n’est pas inutile , tu devrais savoir que le moral , le soutien joue une part significative dans le rétablissement .

    3- « tout va bien se passer je le sais  » . Non  » j ai aucune idée de l issue de ta maladie et si tu vas t en sortir ou pas mais je connais plein de gens qui en sont mort ou en tt cas qui ne s en relèvent jamais  »

    4-  » blabla … Phase 4″ j ai presque l impression que tu aimerais accéder a ce graal pour que tu puisses encore plus parler de ton nombril et que l on s appitoie sur le sort que te réserves Carlo ( quelle vanité peut te pousser a tel Justine lèvy nommer TA maladie qui frappent des milliers de gens ) .

    5 – « vous n avez pas l air mal  » . Tu préfères : mais putain quelle sale gueule tu as aujourd’hui hui, t es gris on dirait que tu sors de Dachau ???

    6 –  » mais je croyais que … » C est vrai excuse ces pauvres incultes ignorants qui n épluchent pas le vidal et doctissimo jour et nuit pour s interroger sur toutes les étapes de TA maladie .

    7 – idem

    8 – « vis dans l instant  » . Non, ne te détends pas trop, car si tu penses un peu au futur il y a la mort qui te pends au nez  »

    9 – « sois forte, dur combat  » . Non sois faible et continue a te plaindre t as toujours tt rate de toutes les façons .

    10  » quel est le pronostic ?  » ah non pardon , le monsieur a blouse blanche t a t il quelle était la probabilité que tu rétablisses ?  »

    Globalement je comprends aisément pourquoi tu es en colère : car tu es égoïste et centrée sur toi même et que tu ne vois seulement ce que les gens ne font pas pour toi .

    Tu devrais arrêter de culpabiliser les gens qui t entourent et tous les autres en brandissant a qui ne veut pas l entendre pour les mettre mal, ta maladie .

    Arrête d écrire ce blog, arrête de crier a la terre entière que tu as un cancer.
    Vois l amour que tu reçois, tous ces messages, attentions, visites, sourires, gestes … De proches et surtout des gens qui ne le sont pas, pour qui tu n as sans doute pas été la qd ils en avaient besoin et qui ont leur vie.
    Pardonne les autres pour leur maladresse et leur égoïsme ( … Tu connais je pense …)

    Sur ce je te souhaite du fond du cœur un prompt rétablissement ( oh regarde encore une phrase tout faite , car mon souhait ne changera rien , non ? ) et que tu te nourrisses de tous ces gens qui t entourent.

    Lionel

    • 12 septembre 2013 at 17 h 39 min

      Lionel et tous les autres… Si ce blog vous déplaît pourquoi venir le lire ? Et de surcroît, pouvoir y laisser ces commentaires haineux ?

    • Kitchenbazar
      12 septembre 2013 at 18 h 05 min

      d’abord je me suis dit, je ne publie pas ce commentaire
      Ensuite j’ai juste effacé le prénom que ce Monsieur que je ne connais ni des lèvres ni des dents avait pris la peine de chercher mais pas d’orthographier correctement et comme ce post est ouvert laissons les lecteurs juger et apprécier le point Godwin. Pour le reste du message je lui souhaite de passer un Kippour serein et me retiens de l’insulter.

    • Mitty_Walt
      12 septembre 2013 at 18 h 31 min

      À Lionelsa
      J’adhère au dernier commentaire de Xercin, j’y ajouterai ceci
      Je n’ai jamais eu de cancer ni à aucune maladie potentiellement létale, en revanche j’ai vécu des deuils soudains, violents et dévastateurs. Sans vouloir me substituer à l’auteure (le « e » final est volontaire) de ce blog j’ai l’impudence de croire qu’en plus du cancer l’une des conséquences de l’opération est la disparition d’une partie de ce qui faisait l’identité de Ma. Ce que mon expérience me dit c’est que pour faire face à ces séparations et se reconstruire il est essentiel d’être égoïste, c’est une question de survie . S’il en résulte quelques temporaires excès, il faudrait être aveugle voire manquer d’un minimum d’empathie pour ne juger qu’à l’aune de ses propres valeurs et donc, faire preuve de cet égoïsme que vous pourfendez de votre « altruiste » colère

  17. 12 septembre 2013 at 18 h 14 min

    ce qui me frappe c’est combien face à ton post les gens réagissent avec LEUR souffrance.
    ok ton post nous fait nous rendre compte qu’on a sans doute tous et toutes été maladroit avec un proche. Et selon une habitude bien humaine, au lieu de prendre note et nous la fermer, on t’en veut à toi de nous le faire remarquer.
    ce qui me frappe est qu’on te parle de ton agressivité comme si tu devais avoir un ton délicieusement primesautier pour parler du cancer mais aussi des a cotés du cancer, soit la gestion de la maladresse des gens qui n’est souvent pas une mince affaire.
    je n’ai toujours pas compris d’ailleurs en quoi c’est mal d’être en colère ou agressive. pas compris non plus à quel point il faut parler du cancer ; il y a un bon dosage ; pour en parler ni trop ni pas assez ?

    bref. tu ne l’as pas écrit dans ce sens mais merci pour ce post, pour ce que tu nous apprends.

    • Nel
      13 septembre 2013 at 10 h 45 min

      Je suis d’accord sur ce que vous dites Valérie, sur le fait que les gens parlent de leur souffrance à eux. Le cancer touche (ou touchera) plus ou moins tout le monde, du coup – et malheureusement – je ne suis pas neutre face à ce texte. Le papier que j’ai lu parlait des maladresses de gens, mais de manière brute, genre ils sont cons ou quoi ces nazes pour me poser des questions pareilles. Peut-être que j’ai mal lu, ou mal interprété. Sans doute que je suis trop égoïste pour lire ce texte sans me voir, moi, réagir au cancer de mon grand-père et à mes réactions maladroites. Je respecte le billet de l’auteure (et je ne suis pas du tout d’accord avec le précédent commentaire de Lionelsa qui est d’une indécence sans nom). Mais en ce qui me concerne j’avoue que JE (oui moi, moi, moi) me suis sentie bête en lisant ce papier. Parce que j’essaye (et de nombreuses personnes aussi) de choisir les mots du mieux que je peux quand je parle à mon grand-père malade. Mais souvent je me plante. Je pense qu’un blog c’est aussi fait pour réagir-interagir, non ? Si c’est pour se la fermer, bah j’ai du mal comprendre. En tout cas je souhaite du courage (pour Carlo et la fabrication de la tarte aux pommes :-)) de l’auteure du blog.

  18. 12 septembre 2013 at 22 h 08 min

    Big Up @ Xercin!

    Je me sens ici dans un espace d’expression libre mais je n’oublie pas un seul instant que c’est avant tout le blog privé d’une personne que je ne connais pas, qui ne me connait pas mais que je respecte profondément, comme chaque être humain.
    Cet espace, Mme Kitchenbazar l’ouvre à tous, c’est honnête, simple et très courageux de sa part (& je l’en remercie).

    Pendant longtemps, je suis passée ici sans commenter, premièrement parce que je n’y connais rien en cuisine juive, et deuxièmement parce que je ne voyais pas vraiment que dire sur les Juifs morts…
    Cet été a changé la donne et j’ai croisé Mme Kitchenbazar en un autre lieu et j’ai osé entrer en relation.

    Il ne me viendrait pas un seul instant à l’esprit d’utiliser ce lieu de liberté comme un endroit de polémique, ni d’y déverser mes rancœurs, haines et autres malaises… Il y a des psys ou des lieux d’aisance pour ça, que diantre! (Oui, quand je suis énervée, je jure, mais la plupart du temps, I say FUCK!)

    Je suis venue lire ce soir pour la première fois l’intégrale de Carlo & je tombe sur vos commentaires inqualifiables…
    Je n’ai pour vous qu’une immense compassion devant tant de c****** à moins que ce ne soit un absolu mépris…

    J’arrête là, je ne veux surtout pas entretenir ces échanges malsains.

    Des bises à la taulière…

  19. Jean
    14 septembre 2013 at 22 h 51 min

    Je viens de tomber sur ce post par le biais d’un autre blog et je dois avouer que j’ai été surpris de le teneur du post et des commentaires. Sans rejoindre Lionel dans la forme (ni totalement dans le fond), je dois avouer que j’ai été un peu choqué par cette agressivité envers les proches tentant de réconforter un(e) malade. A 30 ans j’ai déjà été (et suis encore actuellement) confronté à plusieurs cancers de proches (amis et famille). Ce sont ceux de deux amies qui m’ont le plus touché (long a expliquer) et je me suis (et me sens toujours) très mal quant aux soutient que j’ai pu leur apporter.

    Lire vos réactions aux phrases que j’ai pu prononcer (variante de la 1 « je ne peux pas savoir ce que tu ressens mais… » pour entamer les suivantes 2, 3, 5, 7, 9, 10) me hérissent un peu le poil car si je ne peux effectivement savoir ce que vous vivez, vous ne réalisez manifestement pas bien la détresse psychologique que cela peut être pour l’entourage.
    Alors certes ce n’est pas notre vie qui est menacée (je parle de mon ressenti en collectif, car c’était sensiblement le même ressenti pour une bonne partie de l’entourage), mais il faut tout de même voir que ces maladresses sont la pour essayer de réconforter et soutenir, et surtout essayer de ne pas laisser transparaitre notre propre détresse pour garder le moral des malades haut (car si, c’est important).

    Alors, il ne s’agit pas d’être mielleuse non plus (pour faire écho au commentaire de Valérie), je me garderais d’ailleurs donner des conseils, mais voilà je voulais simplement exprimer ce qu’un proche de malade a pu ressentir.
    (J’ai failli oublier, je n’en reste pas moins outré par la dernière citation).

  20. Lau B.
    7 octobre 2013 at 19 h 37 min

    11.
    « Alors, on a fait sa coupe de printemps ? » (quand tu viens de faire recouper très court tes cheveux longs parce qu’ils commencent à tomber)
    Et encore, je ne traduis pas l’ironie à peine cachée de la fille qui bosse et qui trouve que tu as bien de la chance d’aller tranquillou chez le coiffeur quand ça t’arrange, puisque toi tu es en congé.

    12.
    « Il faut que les femmes mammectomisées arrêtent de dire qu’elles sont mutilées »
    (dixit un vrai grand patron d’hosto, patron du service de gynéco.
    Tu as 35 ans, on vient de t’enlever les deux seins, et t’as juste envie de lui flanquer deux claques)

    Tous ces commentaires mal à propos ne sont que la projection de ceux qui ont peur pour eux-mêmes puisque tu représentes in vivo, là en face d’eux, le pire qui pourrait leur arriver.
    Et toi, tu n’as rien à faire des angoisses des autres. Pas pour le moment.

    Alors, tu fais la seule chose que tu dois faire : tu te refugies auprès de ceux qui te font du bien et tu t’isoles des nuisibles.
    Parce que c’est la seule chose dont tu as besoin pour le moment …

    Et puis tu écris, aussi, tu nourris ton blog.
    Pour partager. Pour expliquer.
    En espérant que quelques maladroits passent te lire et en tirent un petit quelque chose de bien.
    Pour que ça évolue et que ça finisse peut-être par changer.

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