Elles sont largement octogénaires, mais continuent de dévorer la vie à belles dents. Regina Karolinski, dit Oma, originaire de Pologne, a été internée en 1941 dans un camp à l’âge de 14 ans. Bella Katz, qui vient de Lituanie, a réussi à s’échapper du ghetto de Vilnius et à rejoindre les rangs des partisans. Les aléas de l’après-guerre les ont amenées à Berlin. Amies depuis longtemps, elles partagent depuis cinq ans le même appartement. Elles se baladent, vont au cimetière juif, écument les marchés à la recherche des ingrédients qu’elles cuisineront ensuite. Tout en parlant de carpes et de cornichons, en préparant le bouillon de poule – la pénicilline des Juifs -, ou en rasant les poils de pieds de veau, elles racontent l’épisode tragique de la Shoah sous l’oeil de la petite fille de Regina. Où il est question de familles et d’amis, de ceux qui sont morts et de ceux qui ont survécu, des Dix Commandements, du mythe du Juif errant…. ou des jeunes qui ne veulent rien savoir des vieux. À l’évocation de cauchemars récurrents répondent de grands éclats de rires et des conseils avisés à la jeune fille.
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Terriblement émouvant et …frustrant car on en voudrait encore plus. Je souhaite à ces deux merveilleuses belles dames de choyer les leurs encore très longtemps.